L'INCENDIE DE NOTRE-DAME

Dernière mise à jour : 24 déc. 2020

Et à la fin, lorsqu'on ré-ouvre le portail de Notre Dame , demeure en humble majesté parmi les décombres la beauté de la croix intacte illuminée par la lumière du jour qui pénètre dans le chœur grâce au trou béant créé par la chute de la flèche dans la voûte.

Cet incendie de Notre-Dame touche au cœur profondément et renvoie à bien plus que le spectacle navrant d’un chef d’œuvre en péril.

Le symbole est le langage de l’âme que la psychologie de l’inconscient nous a réappris à appréhender. ( Jésus dans ses paraboles ne parlait-il pas par symboles ?).

Voici une lecture symbolique que je tente d'approcher ci-après.

Tout d’abord, l’incendie est survenu à cause de la réparation de la flèche. Et, la chute de la flèche est l’ élément le plus frappant qui avec le plomb en fusion de la toiture a causé le plus de dégâts.

Cet incendie est survenu quelques jours après qu’on en ait déposé les 12 apôtres qui entouraient la flèche,les 12 apôtres ainsi préservés. C’est bien la flèche et plus précisément le plomb (symbole alchimique de l'ombre) qui recouvrait la flèche qui posait problème . Mais, cette flèche n’est pas authentique elle a été rajoutée au 19 ième siècle. Cette flèche était surmontée du coq ( retrouvé dans les décombres) , coq sensé être celui de l’éveil mais réduit à sa dimension identitaire de coq gaulois .

L’incendie est parti de la charpente de ND, dénommée par les charpentiers “la forêt”. Les combles, la forêt, c’est l’inconscient de ND, le jardin d'Esméralda. Esméralda c’est le feu sacré féminin, c’est-à-dire l’esprit d’accueil et d’ouverture à l'Autre, ce qui est nouveau et différent.( Celui des communautés chrétiennes inspirées par Jésus, celui des premiers martyrs de l’église d’avant la religion d’Etat de l’empire Romain).

Cet esprit du Feu sacré féminin que Notre Dame et ses rosaces symbolisent dans nos cœurs ( dans l’inconscient ). N'est-ce pas cet Esprit d'Amour qui a été réactivé à l’extérieur sous forme destructrice puisqu’il est oublié à l’intérieur dans sa manifestation de douce chaleur qui ne brule pas.

La chute de la flèche a créé ou laissé place à un trou béant dans la voûte à la croisée du transept (la partie où se croisent les deux nefs et qui donne à l'ensemble sa forme en croix).

Cette flèche, ce n’était plus l’épée du Logos surmontée du coq de l’éveil mais la flèche était malade , à réparer. La flèche est bien ici le symbole du masculin unilatéral ( l’affirmation identitaire coupée de la dimension d’accueil et d’ouverture du féminin), un masculin malade, devenu symbole phallique identitaire ( surmonté du coq gaulois) et non plus le masculin allié au féminin que représentait et enseignait Jésus.

C’est pourquoi la chute du masculin malade donne naissance à un trou dans la toiture (tout à la fois ouverture féminine et ouverture dans le mental ) qui laisse pénétrer dans le chœur la lumière. C’est la lumière de la Conscience d’au-dessus du mental. Cette conscience transcende celle du moi et de l’ego ( "le moi propriétaire du moi") lequel ego est sous l'emprise de l'archétype du masculin en inflation, comme l'a bien montré mon ami Pierre Trigano.

Et à la fin, lorsqu’on ré-ouvre le portail de ND, on découvre un spectacle de guerre.Mais la nef est débarrassée de ses ornements de pouvoir à relents païens ( trônes,chandeliers et autres brocarts) .Et, demeure en majesté parmi les décombres la beauté de la croix (symbole du SOI qui est le mysterium conjunctionis du masculin et du féminin) intacte illuminée par la lumière du jour qui pénètre dans le chœur grâce au trou béant dans la voûte. Cette croix n'est pas représentée avec le Christ crucifié mais nue comme celle de premiers chrétiens.

Comme s'il nous était rappelé que Jésus n'est pas une idole extérieure à la condition humaine et que la spiritualité est avant tout féminine, c'est à dire accueil et ouverture au Feu d'Amour. Ce feu, c'est l'essence intime inconsciente de la psyché, qui transcende le moi conscient. Le rayonnement de cette dimension transcendante de la psyché requiert qu'une ouverture se fasse dans le mental (la mentalité collective) pour atteindre le coeur.