C'est CG Jung qui a redonné au rêve ses lettres de noblesse dans la science psychologique occidentale.        CG Jung était le dauphin désigné par Freud avant de s'en séparer car ses découvertes l'avaient amené à des conceptions  remettant fondamentalement en cause les conceptions rationalistes réductrices et foncièrement tragiques de Freud.

 

        Au départ Freud considérait que  "les rêves sont la voie royale qui mène à l'inconscient". Mais , pour Freud, le moi est premier et l'inconscient est second de sorte que le rêve n'exprime qu'un désir refoulé par le moi. Et, à partir de sa théorie du complexe d’œdipe, Il sait déjà ce qu'il cherche et ce qu'il va trouver : un désir œdipien censuré.

 

        En pratique la majorité des psychanalystes ont abandonné l'analyse des rêves. La psychanalyse  est devenue essentiellement une pratique verbale et centrée sur le discours du moi. 

 

        Pour  Freud la psyché est centrée sur le moi alors que Jung a découvert un facteur qui transcende le moi, qu'il a appelé au début la fonction transcendante avant de le nommer " le SOI " reprenant un terme et un concept connu dans la tradition spirituelle hindoue, transcendant car il travaille à harmoniser la psyché et le moi des individus depuis le cœur de l'inconscient .

 

            Jung a découvert après de longs tâtonnement une méthode d'approche des rêves et des manifestations de l'inconscient  axée  sur la centralité du Soi comme voie de  transformation psychique et de réalisation spirituelle.

 

      Une autre  "grande différence entre Jung et Freud, c’est que pour ce dernier le rêve est le symptôme d’une névrose et dès lors les analystes de son école sont formés à ne voir que la maladie et le disfonctionnement dans les rêves. Alors que pour Jung le rêve est un travail de guérison de la souffrance et de la névrose, et il nous invite à toujours chercher dans le rêve ce qui guérit, l’expression du Soi en tant que guérisseur intérieur. Il est le psychanalyste réel du rêveur bien sûr, mais aussi, de manière subtile, de son accompagnant qui découvre également dans le rêve de l'accompagné(e) un message personnel pour lui et son accompagnement. Les deux sont les co-patients du même processus intérieur qui les traverse. Ils travaillent dans la même humanité et dans la fraternité du Soi". (Pierre Trigano)